Le débat qui prend place aujourd'hui en Angleterre et en France a eu lieu en Allemagne il y a plusieurs années.

1999-06-01, L'USINE NOUVELLE

Peter Welters, PDG de Phytowelt, société de conseil sur les OGM.

Le débat sur les OGM qui agite, depuis quelques mois, l'Angleterre et la France a commencé en Allemagne il y a plusieurs années, en 1988, précisément, quand l'Institut Max-Planck a demandé, pour la première fois, l'autorisation de réaliser des essais en plein champ de cultures transgéniques. Après plus de dix ans de débats, de discussions entre les scientifiques, le public et les associations, le tour de la question a été fait et les Allemands sont lassés.

A l'issue de ce débat, nous sommes arrivés à la conclusion que des études sur la sécurité doivent systématiquement accompagner les essais en champ et, à mon avis, que les risques ne sont pas considérables. La technologie n'est pas mauvaise en soi, tout dépend de ce que l'on en fait. Dans le cas de la pomme de terre étudiée par le Dr. Pusztai, qui a déclenché la polémique en Angleterre la variété a été transformée avec le gène d'une toxine d'une autre espèce. La pomme de terre dont on soupçonne la nocivité serait dangereuse, non parce qu'elle est transgénique, mais à cause de la toxine - nocive en elle-même - qu'on a introduite.

Le débat actuel me semble stérile et dangereux car il empêche la mise en place de protocoles, de règles d'utilisation des OGM. Or on ne peut mesurer l'innocuité des cultures transgéniques qu'en réalisant des études à grande échelle. Des cultures à petite échelle, dans le cadre d'un moratoire, ne suffiraient pas.